Vous êtes réveillé la nuit par des fourmillements dans les doigts, une sensation d’engourdissement qui vous oblige à secouer la main pour la « réveiller » ? Vous laissez tomber de petits objets ou ressentez une gêne en tenant votre téléphone ? Ces signes, fréquents et souvent banalisés, évoquent l’un des troubles les plus courants du poignet : le syndrome du canal carpien. Bonne nouvelle : bien pris en charge, il se soigne très bien, surtout lorsqu’on agit tôt.
Qu’est-ce que le canal carpien ?
Le canal carpien est un tunnel étroit situé à la face avant du poignet. Il est délimité par les os du poignet et fermé par un ligament solide. À l’intérieur passent les tendons qui plient les doigts ainsi qu’un nerf essentiel : le nerf médian.
Ce nerf assure la sensibilité du pouce, de l’index, du majeur et de la moitié de l’annulaire, et commande certains muscles à la base du pouce. Lorsque le canal devient trop étroit ou que les tissus à l’intérieur gonflent, le nerf médian se trouve comprimé : c’est ce qui déclenche les symptômes.
Quels sont les symptômes ?
Les signes apparaissent généralement de façon progressive :
- Fourmillements et engourdissements des doigts, surtout le pouce, l’index et le majeur ;
- Des symptômes qui réveillent la nuit ou au petit matin, soulagés en secouant ou en pendant la main ;
- Des picotements déclenchés par certaines activités : conduire, tenir un livre, téléphoner ;
- Une maladresse de la main, des objets qui glissent ;
- À un stade avancé, une perte de force et une fonte musculaire à la base du pouce.
Quels facteurs favorisent son apparition ?
- Les gestes répétitifs du poignet (travail manuel, clavier, outils vibrants) ;
- La grossesse et certains déséquilibres hormonaux (souvent réversibles) ;
- Le diabète, l’hypothyroïdie ou une polyarthrite rhumatoïde ;
- Un surpoids ou des antécédents de traumatisme du poignet.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’écoute de vos symptômes et un examen clinique lors de la consultation. Certains tests simples permettent de reproduire les fourmillements.
Pour confirmer et préciser, deux examens sont utiles :
- L’échographie ostéo-articulaire, réalisée directement au cabinet : elle est indolore, sans rayons, et permet de visualiser le nerf médian, de mesurer son gonflement et de rechercher une cause locale (kyste, inflammation des tendons).
- L’électromyogramme (EMG), qui évalue la conduction du nerf et précise la sévérité de la compression.
Ces examens guident le choix du traitement le plus adapté à votre situation.
Quels traitements selon la sévérité ?
La prise en charge est progressive, du plus simple au plus poussé.
1. Les mesures et l’attelle
Dans les formes débutantes :
- Le port d’une attelle de poignet la nuit, qui maintient le poignet droit et soulage le nerf ;
- L’adaptation des gestes : pauses régulières, ergonomie du poste de travail, limitation des mouvements forcés ;
- La prise en charge d’une cause associée (diabète, thyroïde) améliore souvent les symptômes.
2. L’infiltration
Si l’attelle ne suffit pas, une infiltration de corticoïdes dans le canal carpien peut calmer l’inflammation et réduire la compression. Réalisée sous guidage échographique, elle gagne en précision et en sécurité, le produit étant déposé au plus près du nerf. Le soulagement est souvent net, parfois durable.
3. La kinésithérapie
Des exercices de mobilisation du nerf et d’étirement peuvent compléter le traitement et aider à la récupération.
Quand faut-il opérer ?
La chirurgie est envisagée lorsque :
- Les symptômes persistent malgré l’attelle et l’infiltration ;
- Il existe une perte de sensibilité permanente ou une fonte musculaire du pouce ;
- L’EMG montre une atteinte sévère du nerf.
L’intervention, courte et bien maîtrisée, consiste à sectionner le ligament qui comprime le nerf pour lui rendre de la place. Opérer à temps évite des séquelles définitives : c’est pourquoi il ne faut pas trop attendre.
Quand consulter ?
Prenez rendez-vous si vous présentez :
- Des fourmillements nocturnes répétés des doigts depuis plusieurs semaines ;
- Une gêne qui s’aggrave ou retentit sur votre sommeil et vos activités ;
- Une baisse de force ou une maladresse inhabituelle de la main.
Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de guérison sans chirurgie sont élevées. Une consultation avec examen clinique et échographie permet de poser rapidement le bon diagnostic et de vous proposer un traitement sur mesure.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de douleur persistante, prenez rendez-vous.